Bordeaux Aquitaine Marine

Chronique du 17e siècle

Les côtes du Médoc en 1675  

Arch. de la Mar. Dépêches concernant la marine, 1675, foi. 3o3.)

AU DUC DE SAINT-SIMON,  GOUVERNEUR DE BLAYE . Fontainebleau, 31 aoust 1675. J'ay reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 3 de ce mois. Je vous remercie de la peine que vous avez prise de m'informer de ce qui se passe sur les costes de Médoc. En cas qu'il arrive quelque chose qui soit digne de la curiosité de Sa Majesté, je vous prie de m'en donner avis, afin que je puisse luy en rendre compte.  Elle a donné ordre à deux frégates qu'elle a fait armer à Rochefort de se tenir à l'embouchure de la rivière de Bordeaux pour assurer le commerce de ses sujets et faire la guerre aux corsaires biscayens. Ainsy je m'assure que vous n'entendrez plus parler d'aucune prise; mais en cas qu'il paroisse encore quelque corsaire à l'entrée de cette rivière, en me le faisant sçavoir, je répéteray aux capitaines desdites frégates les mesmes ordres qu'ils ont desjà eus à ce sujet.  Je proposeray au Roy de vous accorder un vaisseau pour armer en course, et je vous feray sçavoir sa résolution sur ce sujet. signé COLBERT

Menaces hollandaises sur Bayonne en 1674

Extrait du livre de Jean Baptiste Bailac, Nouvelle chronique de la ville de Bayonne, par un Bayonnais, imprimé chez Duhart- Fauvet,Bayonne,1827,p187. « Le 3 juin, ayant eu avis que la flotte hollandaise avait passé devant Calais, au nombre de cent-vingt voiles, pour venir devant nos murs, il fut délibéré que tout le monde devait se mettre sous les armes, et se rendre aux cloîtres des églises. Les magistrats s'y  transportèrent pour exhorter le public à se bien défendre, en cas qu'on fût attaqué. Les habitans témoignèrent un grand zèle à se bien défendre, et à périr plutôt que d'abandonner la place. « Le 12 juin, Mr le maréchal de Gramont arriva de Paris. Il expédia un courrier portant défense expresse à la ville de lui envoyer des députés, de tirer le canon, et de l'attendre à la porte, voulant entrer incognito. « Le 17, feu de joie à l'occasion de la prise de Besançon : il y eut Te Deum à la cathédrale. Le même jour on eut avis que la flotte hollandaise paraissait à la hauteur de l'île de Ré. « Le 1er août, sur la nouvelle que la flotte hollandaise paraissait devant Saint-Jean-de Luz, Mr le maréchal de Gramont s'y rendit en personne, pour donner des ordres, et tâcher de découvrir le nombre des vaisseaux de cette armée. Il y demeura tout le jour, et revint le lendemain. Quelques gens de Biarritz rapportèrent qu'ils avaient vu dix-sept vaisseaux à la hauteur de leur bourg, et que plus avant en mer ils en avaient compté cinquante-deux. « Deux jours après, les nouvelles furent que les Hollandais s'étaient retirés de cette côte,  et avaient passé plus avant vers le détroit; qu'ils avaient fait seulement aiguade à Saint-Sébastien et au Passage; que le comte de Horn avait mis pied à terre avec les siens, et avait eu une grande conférence avec don Bernard de Salines, qui était arrivé de la cour  d'Espagne à Saint-Sébastien le même jour que l'armée hollandaise. Le même comte de Horn s'en alla à Madrid avec don Bernard de Salines, et la flotte se retira du côté de Saint-Ander. On a su depuis par des prisonniers de la Rochelle qui étaient sur cette flotte, qu'il n'y avait que quatre mille hommes de débarquement. « Le 13 août, Mr le comte de Louvigny partit pour Paris, pour annoncer lui-même au Roi que les Hollandais s'étaient retirés.
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