Bordeaux Aquitaine Marine

Les Chantiers navals girondins

1. Historique

 juillet 1699

 extrait de  L. Bachelier - Commerce de Bordeaux depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours.

Cette industrie avait dès cette époque à Bordeaux une réputation supérieure. Ce fut le 1er juillet 1699 que la ville fit aux constructeurs

maritimes la cession temporaire du terrain bordant la Garonne au midi de la paroisse Saint-Michel, pour y établir leurs chantiers. Messieurs

les jurats, dit la Chronique, part. IV, p. 225, firent un règlement pour les places servant à la construction des vaisseaux près l'estey appelé du

Bourru, joignant les places destinées pour les bois appelés vulgairement radeaux et pour les meules de moulin. Le terrain donné pour la

construction des dits vaisseaux fut piqueté et limité, ensemble celui qui fut désigné pour construire deux échoppes que messieurs les jurats

donnèrent permission de bâtir aux nommés Guitard et Barthélemy, maîtres constructeurs de vaisseaux , sous les conditions portées par la

dite permission, que les dits Guitard et Barthélemy ne jouiraient des dites places et échoppes qu'autant de temps qu'il plairait aux dits

seigneurs jurats et qu'ils travailleraient à la construction des dits vaisseaux, avec inhibition et défense d'en construire en aucun autre

endroit, sous quelque prétexte que ce fût, sans une permission expresse et par écrit des dits seigneurs, maire et jurats.

Au milieu du 18e siècle

 extrait de  L. Bachelier - Commerce de Bordeaux depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours.

On sortait en moyenne une vingtaine de bateaux de 200 à 600 tx et une vingtaine de barques. Le nombre de chantiers oscillait entre 10 et

15 employant de 7 à 800 personnes. Mais on construisait aussi des barques à Blaye, Libourne, Bourg, etc. A cela il fallait ajouter 24 corderies

(3 à 400 ouvriers) fournissant les gréements.

En 1857

sources : Dictionnaire du commerce et de la navigation - DeGuillaumin, Paris, 1859, p 367-8.

La construction navale est la principale industrie de Bordeaux avec le raffinage du sucre. Elle est réputée mondialement grâce au chantier

Arman et son procédé de construction composite (bois-fer). Il  y a 10 chantiers sur Bordeaux et sa périphérie. Leur activité a été la suivante

dans le domaine des navires marchands à voile :

           navires construits         tonneaux           journées d'ouvrier

1854                 29                     10 607                          214 140

1855                 32                     13 608                          272 000

1856                 54                     21 907                          438 140

1857                 47                     14 329                          327 290

En 1869

extrait de Charles COOK - guide de l'étranger à Bordeaux et dans le département de la Gronde – BORDEAUX, 1869  -

- Les Chantiers de construction, à Bordeaux,ont considérablement augmenté d'importance ces dernières années. Nous citerons en première

ligne les Chantiers et Ateliers de l'Océan, ceux de MM. Chaigneau, Moulinié, Raymond, Bichon, Charron, etc. Ces divers établissements

occupent plus de trois mille ouvriers.

- Les chantiers de construction de navires des quais Sainte-Croix et de Paludate, où nous trouvons si peu d'activité, sont abandonnés par

suite du projet d'étendre jusqu'ici la gare des Chemins de fer du Midi. Les grands chantiers de construction ont été transportés rive de

Lormont, et à La Bastide.

- Si nous continuons, pour aller visiter les chantiers de construction de navires de la Cie de l'Océan, qui sont à la limite de la ville, nous

rencontrons un peu plus loin, entre les rues de Gironde et des Étrangers, le Magasin des Vivres de la Marine et le Magasin des Tabacs (la

Manufacture des Tabacs est dans un quartier opposé, place Rodesse). Des Chantiers de l'Océan, nous sommes obligés de revenir sur nos

pas; car toutes les rues nouvelles qui devraient nous conduire au cours Dupré-Saint-Maur sont encore impraticables."

Les chantiers de constructions et de réparations navales au tournant du 21e siècle

Construction navale

- Forges et chantiers de la Gironde 125 quai de Brazza - 33100 Bordeaux (depuis sa création à 1960)

- Ateliers et chantiers de Dunkerque et Bordeaux 125 quai de Brazza - 33100 Bordeaux (de 1960 à 1968)

-  Constructions industrielles et navales de Bordeaux (CINB) 125 quai de Brazza - 33100 Bordeaux (de 1968 à 1970)

-  Chantiers de la Garonne 80, puis 162 quai de Brazza - 33100 Bordeaux (de 1960 à 1979)

-  Ateliers et chantiers du Sud-Ouest  (ACSO) 162 quai de Brazza - 33100 Bordeaux  (de 1979 à 1985) -

-  Aquitaine Marine 162 quai de Brazza - 33100 Bordeaux (de 1985 à 1986)

-  Construction Navale Bordeaux  (CNB) 162 quai de Brazza - 33100 Bordeaux (de 1988 à nos jours)  

Réparation navale

-  ARMI Face au 81 rue des Etrangers - 33300 Bordeaux (de 1989 à nos jours)

-  STEMA 110 rue Achard - 33300 Bordeaux (de 1960 à 1995)

-  ARNI Cours Dupré-de-Saint Maur - 33000 Bordeaux (de 1963 à 1983

2. Chantiers divers

Chaigneau et Bichon

extrait du site http://www.patrimoine-de-france.org  

Etablissement en 1836, du chantier naval Chaigneau et Bichon. Reprise de l'affaire en 1882, par les Ets Schneider qui fondent la S.A.

Chantiers et Ateliers de la Gironde, spécialisée dans la construction de navires de guerre pour la Marine nationale. Extensions vers 1913 des

ateliers de construction des navires marchands et des chalands pétroliers. Participant à l'effort de guerre, une fonderie de cuivre est établie

temporairement en 1915, pour fabriquer des douilles d' obus.

Après un dépôt de bilan en 1927, les Forges et Chantiers de la Gironde se portent acquéreurs de l'entreprise en 1929. D'importantes

difficultés financières entraînent divers rachats successifs : en 1959, par les Ateliers et Chantiers de Dunkerque et Bordeaux, puis en 1968,

par les Constructions industrielles et navales de Bordeaux. N'ayant pas obtenu le soutien de l'Etat, les portes des chantiers se ferment

définitivement en 1970 et tout le matériel est vendu. Une partie du site désaffecté est occupée, à partir de 1973, par William Pitters qui

installe ses unités d'embouteillage et de négoce de vins et spiritueux : rénovation des façades et construction des bureaux. Certains ateliers

abritent les activités de la Sté Meneret qui pratique le négoce des bois français et tropicaux.

Des bâtiments sont occupés, entre 1979 et 1985, par les Ateliers et Chantiers du Sud-Ouest (A.C.S.O.) pour construire des quartiers

d'habitation destinés à l'industrie pétrolière offshore. Redevenus vacants, ces locaux sont réinvestis, en 1987, par une société nouvellement

créée Construction Navale de Bordeaux S.A. (C.N.B.) qui construit des voiliers de plaisance. En 1970, le parc de 290 machines de forge et de

chaudronnerie est vendu. personnel : 40 ouvriers en 1836. 400 en 1844. 2 500 en 1884. 3 500 en 1890. 2 500 personnes sont licenciées en

1927. 1951 : 2 000 employés. Licenciement général en 1969. En 1989 : 15 employés chez Meneret, 130 chez W. Pitters et 52 chez C.N.B..

Chantiers Desbats

extrait du site http://www.patrimoine-de-france.org   

Etablis vers 1875, les chantiers Desbats forment avec les chantiers Schneider de la rive droite, un ensemble considérable qui a compté 3 500

ouvriers jusqu' en 1914. En 1916, l' appellation change et devient Ateliers et chantiers maritimes du Sud-Ouest. A partir de 1925, après avoir

réalisé six cargos, les chantiers se consacrent à la fabrication de pétroliers. En 1928, ils reprennent les chantiers voisins Dyle et Bacalan, mis

en liquidation, et doublent ainsi leur superficie. Les Aciéries de Longwy, déjà implantées dans la même rue, reprennent ces deux chantiers

en 1945 dans le but d'assurer la réparation de ses unités sidérurgiques. Mais Bordeaux est trop éloignée de celles-ci et le projet est

abandonné. L'année 1948 voit les actionnaires minoritaires former la S.A. des Forges et aciéries du Sud-Ouest qui, bénéficiant des apports

mobiliers et immobiliers des Aciéries de Longwy, conserve des marchés importants avec les administrations en particulier la S.N.C.F. et les

ports. Après des difficultés financières importantes, ce site industriel est définitivement fermé dans les années 1960. Actuellement il ne

reste que des vestiges des anciennes façades. 1945 : une fonderie d' acier, une forge et de nombreux ateliers d' usinage, de mécanique et de

travail du bois. 1 100 ouvriers en 1918. 1 700 ouvriers en 1928. 1948 : environ 300 ouvriers et une cinquantaine d' employés et d' ingénieurs.

Atelier Sirat – Fronsac (1800 – 1920)

extrait du site http://www.patrimoine-de-france.org

Etabli peu après 1800, face à la ville de Libourne, sur les bords de l'Isle, cet atelier de construction fluviale subit, comme tous les autres, le

contrecoup du déclin du port de Libourne. Toutes les industries liées aux constructions de navires mais aussi les ateliers de voiliers ou

d'avirons, encore très actives dans les années 1860-1865, seront ruinées au début du 20e siècle. Le chantier, dirigé par M. Sirat en 1909, est

le seul dont l'activité résiste jusqu'en 1939. Actuellement, tous les ateliers de fabrication, à l'origine des hangars en bois, ont été démolis.

Vers 1920, il y avait une dizaine de personnes occupant des postes fixes et de nombreux employés saisonniers.

Hurmic – Portets (1880-1988)

extrait du site http://www.patrimoine-de-france.org           

Le premier atelier de construction fluviale, avec scierie et menuiserie, est installé en 1880, en bordure de Garonne. On y construit des

péniches et des bateaux, en bois de chêne. Un hangar couvre les rails d'accès à la cale. Les années 1950-1960, voient le déclin progressif des

charpentiers au profit des constructeurs de coques métalliques. Pour répondre à ce nouveau marché, M. Hurmic adapte sa production : en

1970, un nouvel atelier est édifié pour travailler la tôle achetée aux aciéries de Longwy. En 1984, après le lancement du bateau " l'Aliénor ",

le chantier est fermé. En 1989, pour éviter tout licenciement, les ouvriers sont placés sur des chantiers qui travaillent en sous-traitance. Sur

place, utilisant l'ancien matériel à travailler la tôle, une petite activité est conservée. Elle concerne le découpage, pour mise à la ferraille, des

vieux bateaux. Scierie à vapeur jusqu'en 1970. Machines à bois toutes vendues. Vers 1950 : 20 ouvriers. 1988 : 8 salariés.

Bonnin Frères – Arcachon (1920 – existe tjrs)

extrait du site http://www.patrimoine-de-france.org           

Chantier naval installé en 1929 pour la famille Bonnin. Cette entreprise familiale construisait des bateaux en bois. La matière première

provenait d'Afrique et du Canada. Depuis 1970, l'activité s'est concentrée sur l'entretien et l'aménagement des bateaux de plaisance.

Machines de menuiserie, collage et peinture. 1959 : 20 employés. 1989 : 5 personnes.

Chantiers Tramasset – Le Tourne (1837 – 1983)

extrait du site http://www.patrimoine-de-france.org

Créés en 1837, les chantiers Pierre Tramasset sont spécialisés dans la construction et la réparation maritimes. A cette époque, des centaines

de gabares sillonnent la Garonne entre Langon et Bordeaux pour assurer le transport des marchandises. L'une d'entre elles, le " Deux Frères

", construit en 1892 pour transporter du vin ou des futailles, a été reconstituée, un siècle plus tard, et classée par le service des Monuments

historiques. Les chantiers Tramasset construisent des goélettes, des yachts, des canots de pêche et des yoles. Ils assurent également

l'entretien des péniches du canal du Midi et de la flotte du port de Bordeaux.

Le " Petit chantier " comprend d'une part l'atelier de fabrication, destiné à la construction de barques en bois, avec un escalier menant au

bureau dont le plancher sert à tracer des plans à l'échelle, et d'autre part le hangar qui couvre les rails d'accès à la cale. Le " Grand chantier

", édifié en 1892, permet d'accueillir de grand bateaux pour les réparations. Une étuve permet le cintrage du bois par imprégnation de

vapeur d'eau. Vers 1900 une scierie est adjointe à l'ensemble pour débiter les troncs d'arbres. L'usine est ensuite électrifiée. Dans les années

1960, l'acier remplace progressivement le bois et le déclin des charpentiers profite aux constructeurs de coques métalliques. Les chantiers

Tramasset ont cessé toute activité en 1983. Encore en place, mais en mauvais état : 1 machine à vapeur et 1 scie à ruban - Entre 1870 et

1914 : 40 ouvriers. 1963 : 7 charpentiers de marine.

constructions connues nom année type tonnage client DEUX FRERES 1892 gabare - HUBERT DELILLE 1864-67 chalutier à vapeur - Coycaut, Arcachon MAURICIEN 1859 3 mâts-barque 396 t

 

  

 

Bordeaux Aquitaine Marine - (c) tous droits réservés 2012-2018 - Alain Clouet - contact : dossiersmarine@free.fr